Statistiques

Nouvelle-Aquitaine : le 2e trimestre 2026 sous pression des défaillances

Avec 1 595 procédures recensées sur trente jours, la Nouvelle-Aquitaine affiche une sinistralité élevée — et le vignoble bordelais concentre les signaux les plus nets.

Mille cinq cent quatre-vingt-quinze. C'est le nombre de procédures collectives enregistrées par le BODACC en Nouvelle-Aquitaine sur les trente derniers jours. Ce chiffre brut — liquidations judiciaires, redressements, sauvegardes confondus — positionne la région parmi les territoires où la pression sur les entreprises reste significative au deuxième trimestre 2026. Derrière l'agrégat régional, les dynamiques divergent selon les départements et les filières : certains secteurs accumulent les cessations d'activité, d'autres résistent mieux.

Tableau de bord : ce que les chiffres disent département par département

Les sources disponibles permettent d'identifier la Gironde comme l'épicentre des difficultés déclarées ce trimestre, portée notamment par la crise viticole bordelaise et ses répercussions sur les filières amont. Les données BODACC couvrent l'ensemble des douze départements de la région, mais la matière journalistique sourcée se concentre sur quelques territoires.

Département Signal identifié (sources) Secteur dominant signalé Cas concret sourcé
Gironde (33) Forte activité procédurale, cas nominatifs identifiés Immobilier / promotion, viticulture et filières aval Hexagone Groupe Promotion, liquidation judiciaire (tribunal de commerce de Bordeaux, 22 avril 2026)
Gironde — vignoble bordelais +350 % de procédures collectives signalé (aqui.media) Viticulture et filières amont (tonnellerie, verrerie, logistique) Données aqui.media — tonneliers, verriers, logisticiens en difficulté
Autres départements (Landes, Pyrénées-Atlantiques, Dordogne, Charente, Lot-et-Garonne) Inclus dans les 1 595 procédures BODACC régionales Non ventilé dans les sources disponibles Aucun cas nominatif sourcé ce trimestre

Note de lecture : la ventilation par département est limitée par les sources disponibles. Seule la Gironde fait l'objet de données qualitatives sourcées ce trimestre. Les autres départements sont inclus dans l'agrégat BODACC régional sans ventilation publiée dans les sources consultées.

Les secteurs qui décrochent

La viticulture bordelaise et ses filières amont concentrent le signal le plus documenté de ce trimestre. Selon aqui.media, le vignoble bordelais enregistre +350 % de procédures collectives — une progression qui dépasse largement le cadre de la seule production de vin pour toucher les prestataires directs : tonneliers, verriers et logisticiens. Le mécanisme est décrit par la même source : quand la demande viticole se contracte, les sous-traitants spécialisés — dont le carnet de commandes dépend structurellement du vignoble — se retrouvent exposés sans amortisseur. La chute du donneur d'ordre entraîne mécaniquement celle de ses fournisseurs captifs.

L'immobilier et la promotion immobilière constituent un deuxième foyer de défaillances identifié. Le cas d'Hexagone Groupe Promotion, placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Bordeaux le 22 avril 2026, illustre la vulnérabilité des opérateurs du secteur dans l'agglomération bordelaise, selon actu.fr. La société était implantée à Bazas, en Gironde. La question du devenir des projets en cours — et des acquéreurs ou partenaires engagés — se pose désormais concrètement, comme le relève le même média.

Le bâtiment et les travaux publics forment un troisième secteur sous tension, signalé cette fois à l'échelle de la région entière. La CMA Nouvelle-Aquitaine communique activement sur l'existence d'un plan d'aide de l'État destiné aux entreprises du BTP confrontées à une procédure collective — sauvegarde, redressement ou liquidation. Cette communication ciblée, relayée sur les réseaux professionnels de la chambre, traduit une préoccupation sectorielle réelle, même si les chiffres précis par département ne sont pas ventilés dans les sources disponibles.

Un quatrième signal, plus transversal, concerne les PME de plus de 50 salariés. Les indicateurs fournis mentionnent une forte hausse des difficultés pour cette strate d'entreprises, dont les procédures collectives progressent. Cette donnée — issue d'une étude publiée le 14 avril 2026 et relayée dans les sources — mérite attention : les PME de cette taille représentent souvent des employeurs significatifs à l'échelle d'un bassin local, et leur mise en redressement ou liquidation produit des effets en cascade sur les sous-traitants et les salariés bien au-delà du seul établissement concerné.

Les zones qui résistent — ou du moins ne décrochent pas

Les sources disponibles ce trimestre ne documentent pas de territoire néo-aquitain en franche amélioration par rapport au trimestre précédent. L'absence de données ventilées pour des départements comme les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, la Dordogne, la Charente ou le Lot-et-Garonne ne permet pas de conclure à une résistance avérée — elle reflète simplement l'état des sources accessibles à la date de publication.

Ce silence statistique partiel n'est pas anodin. Dans les baromètres de procédures collectives, l'absence de cas nominatifs peut signifier soit une sinistralité effectivement contenue, soit une concentration des défaillances dans des structures trop petites pour générer une couverture médiatique locale. Les TPE — dont les liquidations passent souvent inaperçues — représentent la grande majorité des procédures enregistrées au BODACC, quelle que soit la région.

Ce que le trimestre dit de l'économie néo-aquitaine

Croiser les sources disponibles fait apparaître une tension caractéristique : la Gironde cumule à la fois les cas les plus documentés et les signaux sectoriels les plus dégradés, tandis que le reste de la région reste dans un relatif brouillard statistique. Ce déséquilibre n'est pas uniquement un artefact médiatique — il reflète aussi la concentration du tissu économique régional autour de Bordeaux et de son vignoble.

Le chiffre de +350 % de procédures collectives dans le vignoble bordelais, tel que rapporté par aqui.media, mérite d'être lu pour ce qu'il implique concrètement : des emplois directs menacés chez les tonneliers et verriers, des créances potentiellement irrécouvrables pour les logisticiens, et une déstabilisation des territoires ruraux de la Gironde viticole dont l'activité économique dépend étroitement de la filière. La liquidation d'Hexagone Groupe Promotion à Bazas s'inscrit dans ce même périmètre géographique, même si son secteur — la promotion immobilière — obéit à une logique distincte.

La mobilisation de la CMA Nouvelle-Aquitaine autour d'un plan d'aide BTP signale, de son côté, que les artisans du bâtiment constituent une population d'entreprises particulièrement exposée ce trimestre. La chambre des métiers et de l'artisanat ne communique pas sur ce dispositif sans raison : la demande de la part des entreprises en difficulté est suffisamment visible pour justifier une campagne de sensibilisation active.

La hausse des procédures touchant les PME de plus de 50 salariés — mentionnée dans les sources — ajoute une dimension supplémentaire. Contrairement aux micro-entreprises ou TPE, dont les défaillances sont douloureuses mais circonscrites, une PME de cette taille engage des dizaines de salariés, des contrats fournisseurs significatifs et parfois des actifs immobiliers ou industriels dont la cession en liquidation restructure durablement un territoire. Quand ces établissements entrent en procédure, le mandataire judiciaire cherche un repreneur — et la fenêtre de reprise est souvent courte.

Les annonces de cession d'actifs en liquidation judiciaire publiées sur des plateformes spécialisées comme Actify témoignent de cette réalité : des entreprises néo-aquitaines en procédure cherchent activement des repreneurs, avec des délais contraints par le calendrier judiciaire. La prochaine audience devant le tribunal de commerce de Bordeaux concernant les suites de la liquidation d'Hexagone Groupe Promotion constituera un indicateur concret de la capacité du marché local à absorber ces actifs.