C'est le cas le plus lourd du trimestre en Occitanie, et sans doute l'un des plus symboliques de l'année pour la région : Fibre Excellence, implantée à Saint-Gaudens en Haute-Garonne, placée en redressement judiciaire depuis fin avril 2026, a obtenu début septembre trois mois de sursis supplémentaires pour présenter une offre de reprise crédible, rapporte La Dépêche du Midi. Derrière ce cas emblématique, les données BODACC recensent 331 ouvertures de procédures collectives sur les trente derniers jours en Occitanie — dont 235 liquidations judiciaires, 88 redressements et 8 sauvegardes. Un volume en recul de 29 % par rapport aux trente jours précédents, qui en comptaient 464. Ce reflux mérite lecture : il ne traduit pas une embellie, mais un effet de calendrier ou de traitement des dossiers, le stock de procédures ouvertes restant massif.
Top 7 des défaillances marquantes en Occitanie — T3 2026
| Rang | Secteur / Activité | Département | Nature de procédure | Source |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Fibre Excellence — fabrication de pâte à papier | Haute-Garonne (31) | Redressement judiciaire (avril 2026, sursis sept. 2026) | La Dépêche / Le Monde / Boursorama-AFP |
| 2 | SILENE (activités de soutien aux entreprises) | Occitanie (département non précisé) | Redressement judiciaire (09/09/2026) | Pappers |
| 3 | Restauration traditionnelle (19 ouvertures) | Région entière — Hérault en tête | Liquidations et redressements | BODACC |
| 4 | Restauration rapide (19 ouvertures) | Région entière — Hérault en tête | Liquidations et redressements | BODACC |
| 5 | Maçonnerie / gros œuvre bâtiment (15 ouvertures) | Région entière | Liquidations et redressements | BODACC |
| 6 | Entretien-réparation auto / Coiffure / Commerce auto (6 chacun) | Région entière | Liquidations et redressements | BODACC |
| 7 | Ensemble des secteurs — Hérault (34) | Hérault (34) | 140 ouvertures toutes procédures | BODACC |
Fibre Excellence : 90 millions à trouver, une région en première ligne
Fibre Excellence concentre à elle seule la pression politique et économique du trimestre. Leader français de la fabrication de pâte à papier, l'entreprise de Saint-Gaudens doit trouver 90 millions d'euros pour assurer sa survie, selon Le Monde. Le tribunal compétent lui a accordé début septembre un délai supplémentaire de trois mois pour examiner une offre de reprise, précise La Dépêche du Midi. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, a publiquement sollicité l'État, demandant une intervention dès le début du mois de septembre, rapportent ici.fr et Boursorama-AFP. Selon cette dernière source, la région avait déjà injecté près de 300 millions d'euros dans l'entreprise avant l'ouverture de la procédure. Un investisseur potentiel s'est manifesté, mais la décision concernant un éventuel repreneur était encore attendue au 15 septembre 2026, date butoir initialement fixée pour la présentation d'un plan, d'après Boursorama-AFP.
Ce dossier illustre un mécanisme que les sources permettent de tracer : une entreprise industrielle de grande taille, déjà soutenue massivement par la collectivité régionale, se retrouve en redressement judiciaire faute de trouver les financements complémentaires nécessaires à sa restructuration. La procédure ouverte fin avril n'a pas permis, en quatre mois, de dégager une solution autonome — d'où l'appel à l'État et la mobilisation politique visible à l'échelon régional.
SILENE et le signal des activités de soutien
Moins médiatisée, la mise en redressement judiciaire de SILENE, enregistrée le 9 septembre 2026 selon le classement Pappers, mérite attention. L'entreprise, classée dans les activités administratives et de soutien aux entreprises, compte au moins un salarié — seul indicateur d'effectif disponible dans la source. Son chiffre d'affaires n'est pas renseigné dans les données publiées. Ce type de structure, prestataire de services aux professionnels, occupe une position de fournisseur intermédiaire : sa défaillance peut affecter directement les clients entreprises qui lui sous-traitaient des fonctions supports. La procédure reste ouverte à ce stade.
Ce que ce palmarès révèle du tissu économique d'Occitanie
La ventilation départementale des 331 ouvertures BODACC dessine une géographie des fragilités très concentrée. L'Hérault absorbe à lui seul 140 procédures, soit 42 % du total régional — un poids sans équivalent dans les autres départements. Le Gard (38 ouvertures) et la Haute-Garonne (37) arrivent loin derrière, suivis de l'Aude (24) et du Tarn (22). À l'opposé, les Hautes-Pyrénées ne comptent que 4 ouvertures sur la période, et la Lozère 5 — des volumes qui reflètent aussi la densité économique respective de ces territoires.
La surreprésentation de l'Hérault n'est pas une anomalie conjoncturelle : le département concentre Montpellier et un tissu de TPE dense dans la restauration, le commerce et les services aux particuliers — précisément les secteurs les plus touchés selon les données BODACC. La restauration traditionnelle et la restauration rapide cumulent chacune 19 ouvertures sur trente jours, soit 38 procédures pour la seule filière alimentaire hors domicile, devant la maçonnerie et le gros œuvre (15 ouvertures). Ces trois activités représentent ensemble 72 des 331 ouvertures, soit 22 % du total régional.
Le bâtiment, avec 15 procédures pour la seule maçonnerie générale, confirme une tension dans la construction régionale. L'entretien automobile, la coiffure et le commerce de véhicules légers ajoutent chacun 6 ouvertures — des filières de proximité, à faible surface financière, où la trésorerie résiste mal à un ralentissement même temporaire de l'activité.
La structure des procédures est elle-même révélatrice : sur 331 ouvertures, 235 sont des liquidations judiciaires directes, contre 88 redressements et 8 sauvegardes. Le ratio liquidations/redressements — environ 2,7 pour 1 — signale que la majorité des entreprises qui franchissent le seuil de la procédure collective le font sans plan de continuation envisageable. Les 8 sauvegardes, procédure préventive ouverte avant cessation de paiement, restent marginales : moins de 2,5 % du total.
Le tableau de bord conjoncturel de l'INSEE Occitanie, publié début septembre, notait déjà que la hausse des défaillances s'atténuait au deuxième trimestre 2026 — une tendance que la baisse de 29 % du volume d'ouvertures sur trente jours semble confirmer sur la période la plus récente. Reste que ce recul s'opère depuis un niveau élevé : 464 ouvertures sur la période précédente constituaient eux-mêmes un pic notable. Le retour à 331 représente un volume encore supérieur aux moyennes observées avant la vague de 2024-2025, même si les sources disponibles ne fournissent pas de référentiel antérieur chiffré pour la région.
Au 15 septembre 2026, la décision du tribunal sur l'avenir de Fibre Excellence était attendue, selon Boursorama-AFP. C'est, pour l'instant, le seul rendez-vous daté qui cristallise l'enjeu industriel du trimestre en Occitanie.