Statistiques

Auvergne-Rhône-Alpes : 1 871 procédures collectives en 30 jours

En un mois, 1 871 procédures collectives ont été recensées en Auvergne-Rhône-Alpes selon le BODACC — un volume qui interroge la résistance du tissu économique régional au 2e trimestre 2026.

Un chiffre concentre le trimestre : 1 871 procédures collectives enregistrées en Auvergne-Rhône-Alpes sur les trente derniers jours, selon le BODACC. Ramenée à une cadence quotidienne, cette donnée représente plus de soixante ouvertures ou clôtures de dossiers par jour ouvrable sur l'ensemble de la région. Ce volume, à lui seul, pose la question de la résistance différenciée des territoires et des filières qui composent l'une des premières régions économiques de France.

Les sources disponibles permettent d'identifier plusieurs signaux concrets. Le tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse a enregistré la clôture de liquidation de la société BECA, domiciliée dans l'Ain, publiée le 5 juin 2026 selon le site annonces-legales.fr — une procédure désormais close, la société radiée du registre du commerce. Dans le Rhône, deux annonces légales récentes retiennent l'attention : la société CYLN, dont les comptes de liquidation ont été déposés au greffe du tribunal de commerce de Lyon le 30 mai 2026, et L'EPICUREUIL, dont la clôture de liquidation a été publiée dans les jours qui ont précédé la rédaction de ce baromètre, toujours auprès du même greffe lyonnais, selon mesinfos.fr. Trois cas, trois départements distincts, trois procédures à des stades différents — un aperçu partiel mais révélateur de la géographie des défaillances.

Ventilation territoriale : ce que les annonces légales révèlent

Les sources scrapées ne couvrent pas l'intégralité des douze départements de la région avec une granularité statistique homogène. Le tableau ci-dessous restitue fidèlement ce que les sources permettent d'établir, sans extrapolation.

Département Tribunal compétent identifié Cas sourcés (T2 2026) Type de procédure observé Source
Rhône (69) Tribunal de commerce de Lyon 2 (CYLN, L'EPICUREUIL) Clôture de liquidation judiciaire mesinfos.fr
Ain (01) Tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse 1 (BECA) Clôture de liquidation judiciaire annonces-legales.fr
Autres départements AuRA Non identifié dans les sources Non ventilé Non ventilé BODACC (agrégat régional)

Ce tableau traduit une limite réelle des sources disponibles à ce stade : le BODACC fournit un agrégat régional de 1 871 procédures sur trente jours, mais ne le ventile pas par département dans les extraits fournis. Les annonces légales individuelles identifiées pointent vers deux pôles — Lyon et Bourg-en-Bresse — sans que l'on puisse en déduire une surreprésentation statistique de ces territoires. La plateforme repreneurs.com recense bien les procédures actives en Auvergne-Rhône-Alpes (sauvegardes, redressements, liquidations) avec mise à jour quotidienne, et actify.fr publie les annonces de cession d'actifs issues de ces mêmes procédures, mais aucun des deux n'offre, dans les extraits disponibles, une ventilation départementale chiffrée.

Les secteurs qui décrochent

L'identification sectorielle reste contrainte par les sources. Ce que l'on peut établir avec certitude à partir des annonces légales publiées : L'EPICUREUIL, dont le nom évoque une activité de restauration ou de commerce alimentaire, a déposé ses comptes de clôture de liquidation au greffe de Lyon. Sans que la source mesinfos.fr précise explicitement le code APE ou le secteur, la dénomination sociale oriente vers la restauration — un secteur dont la présence dans les procédures collectives lyonnaises est documentée par les annonces légales récurrentes sur la plateforme.

CYLN, également liquidée à Lyon selon mesinfos.fr, ne livre pas dans l'extrait disponible d'indication sectorielle directe. BECA, dans l'Ain, est dans la même situation : la clôture de sa liquidation est actée, mais le secteur d'activité n'est pas précisé dans l'extrait d'annonces-legales.fr. Ces lacunes ne sont pas anodines : elles signalent que le flux de procédures collectives en Auvergne-Rhône-Alpes reste difficile à lire sectoriellement à partir des seules annonces légales publiques, sans accès aux bases de données complètes.

La plateforme actify.fr, qui agrège les annonces de vente aux enchères judiciaires d'actifs, offre une lecture complémentaire : les cessions d'actifs en cours dans la région concernent des entreprises en liquidation ou en redressement judiciaire, ce qui signifie que parmi les 1 871 procédures recensées par le BODACC, une partie est encore dans une phase où la reprise reste possible. Le ratio entre procédures de sauvegarde, de redressement et de liquidation directe n'est pas disponible dans les sources fournies pour ce trimestre.

Les zones qui résistent — ou dont les signaux sont absents

L'absence de cas identifiés dans plusieurs départements de la région — Haute-Savoie, Savoie, Isère, Puy-de-Dôme, Allier, Haute-Loire, Cantal, Ardèche, Drôme — ne signifie pas une immunité économique. Elle reflète les limites des sources scrapées disponibles pour ce baromètre. Aucun extrait fourni ne permet d'affirmer que ces territoires enregistrent moins de défaillances que le Rhône ou l'Ain. Toute affirmation en ce sens serait une extrapolation non sourcée.

Ce que l'on peut noter sans trahir les sources : la Banque de France dispose d'une méthodologie publiée sur les défaillances d'entreprises, référencée dans ses pages régionales Auvergne-Rhône-Alpes selon son site institutionnel (banque-france.fr, 29 mai 2026). Cette méthodologie distingue les défaillances au sens strict — ouvertures de procédures judiciaires — des cessations d'activité non judiciaires. Le chiffre BODACC de 1 871 procédures sur trente jours couvre les annonces légales publiées, qui incluent ouvertures, jugements de continuation et clôtures : il ne correspond pas nécessairement à 1 871 entreprises nouvellement en difficulté sur la période.

Ce que le flux de cessions dit du tissu régional

La présence simultanée de deux plateformes spécialisées — repreneurs.com et actify.fr — dans le paysage des procédures collectives en Auvergne-Rhône-Alpes traduit un marché de la reprise judiciaire actif. Actify publie « l'ensemble des annonces de vente d'entreprises en liquidation ou redressement judiciaire », émanant d'administrateurs et de mandataires judiciaires. Ce flux d'offres de reprise est, en creux, un indicateur du volume de procédures ouvertes : sans dossiers, pas d'annonces.

Le cas de L'EPICUREUIL à Lyon illustre une trajectoire complète : ouverture de liquidation, désignation d'un mandataire, dépôt des comptes de clôture au greffe du tribunal de commerce de Lyon. Cette séquence, documentée par mesinfos.fr, se conclut par la radiation de la société. Pour les salariés éventuels, les créanciers et les sous-traitants liés à cet établissement, la clôture de liquidation marque la fin de toute possibilité de recouvrement au-delà de ce qui a pu être distribué dans le cadre de la procédure. La même logique s'applique à BECA dans l'Ain et à CYLN dans le Rhône.

Trois clôtures de liquidation identifiées nominativement, un agrégat régional de 1 871 procédures sur trente jours selon le BODACC, deux plateformes de reprise actives, deux tribunaux de commerce nommément cités (Lyon, Bourg-en-Bresse) : tels sont les contours mesurables du 2e trimestre 2026 en Auvergne-Rhône-Alpes à partir des sources disponibles. La prochaine mise à jour du BODACC, quotidienne selon repreneurs.com, permettra d'affiner la lecture département par département dès que les données seront ventilées.