Trois mille cent vingt-huit procédures collectives recensées sur le seul territoire francilien en l'espace de trente jours : le chiffre, issu du BODACC, donne la mesure d'un trimestre sous tension. Derrière ce volume brut, des secteurs précis — transport, restauration, logistique — concentrent les coups les plus durs. Le palmarès qui suit s'appuie exclusivement sur les entreprises identifiées dans les sources disponibles pour la région.
Top 4 des défaillances marquantes en Île-de-France au 2e trimestre 2026
| Rang | Entreprise | Département / Greffe | Secteur | Type de procédure | Date | Effectif / Éléments financiers |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Société de transport (Seine-Saint-Denis, rang 1 Pappers) | Seine-Saint-Denis (93) | Transports terrestres | Liquidation judiciaire | 05/06/2026 | 10 à 19 salariés — CA 931 263 € / résultat –80 779 € |
| 2 | SARL LAPARISIENNE | Seine-Saint-Denis (93) | Non précisé dans la source | Procédure collective | T2 2026 | Données non disponibles dans les sources |
| 3 | Relais Colis (SAS) | Île-de-France (Ajilink IDF) | Logistique / livraison de colis | Redressement judiciaire (mars 2026) puis reprise | Mars 2026 / mai 2026 | Reprise par quatre repreneurs (mai 2026) |
| 4 | Pachipachi | Paris (greffe de Paris) | Restauration traditionnelle | Procédure collective (sauvegarde, RJ ou LJ) | 02/06/2026 | Données non disponibles dans les sources |
Les trois premiers du palmarès, cas par cas
En tête du classement établi par Pappers pour la Seine-Saint-Denis, une société de transports terrestres placée en liquidation judiciaire le 5 juin 2026. L'entreprise employait entre dix et dix-neuf salariés et affichait un chiffre d'affaires de 931 263 euros pour un résultat négatif de 80 779 euros. La liquidation directe — et non un redressement préalable — signale que le tribunal a estimé le redressement manifestement impossible : un signal fort sur l'état de la trésorerie au moment du jugement. Selon la source Socic, plus une entreprise tarde à saisir le tribunal, plus la probabilité d'aboutir à une liquidation immédiate augmente ; ce cas semble illustrer précisément ce mécanisme.
La SARL LAPARISIENNE, deuxième dans le classement Pappers pour le département, figure également parmi les procédures ouvertes en Seine-Saint-Denis au cours du trimestre. Les données financières détaillées ne sont pas disponibles dans les sources consultées, mais sa présence dans ce palmarès départemental témoigne d'une accumulation de dossiers dans un territoire qui concentre, à lui seul, plusieurs des défaillances les plus significatives de la région.
Le dossier Relais Colis est d'une autre nature. La société logistique, dont le mandataire judiciaire Ajilink est domicilié en Île-de-France, avait été placée en redressement judiciaire en mars 2026, rapporte Solutions Les Échos. Deux mois plus tard, en mai 2026, quatre repreneurs ont finalisé la reprise — Maîtres Jérôme Cabooter et Jérôme De Chanaud, ainsi que Madame Isaure Blin pour Ajilink Île-de-France. La procédure s'est donc conclue par une cession plutôt que par une liquidation, ce qui distingue ce cas des deux précédents : le redressement judiciaire a rempli sa fonction de sas de survie, permettant une transmission organisée de l'activité.
Ce que ce palmarès révèle du tissu économique francilien
Trois filières ressortent nettement des sources disponibles : le transport terrestre, la logistique de livraison et la restauration. Ce n'est pas un hasard géographique. L'Île-de-France concentre une part disproportionnée des flux de marchandises et de la densité de points de vente en restauration, ce qui mécaniquement gonfle le volume de procédures dans ces branches — sans que les sources consultées permettent d'aller plus loin dans la quantification sectorielle régionale.
Le cas Pachipachi, jugé le 2 juin 2026 au greffe de Paris selon le site Repreneurs.com, s'inscrit dans une liste plus large d'établissements de restauration traditionnelle franciliens en procédure collective au même moment. La source recense en effet plusieurs jugements ouverts simultanément à Paris début juin 2026, ce qui suggère une concentration temporelle — plusieurs audiences rapprochées — plutôt qu'une dispersion sur l'ensemble du trimestre.
Le volume global — 3 128 procédures recensées par le BODACC sur les trente derniers jours en Île-de-France — doit être mis en regard du chiffre national : la France a enregistré 18 986 défaillances au seul premier trimestre 2026, selon Socic. L'Île-de-France représente donc, sur une fenêtre mensuelle, un volume qui, extrapolé sur trois mois, pourrait dépasser 9 000 procédures — soit près de la moitié du total national trimestriel, pour une région qui pèse environ 30 % du PIB français. Ce ratio, calculé à partir des deux sources, mérite attention : il signalerait une surreprésentation francilienne dans les défaillances, même si la comparaison sur des périodes différentes (un mois vs un trimestre) impose la prudence.
La Seine-Saint-Denis concentre plusieurs des cas les plus documentés du trimestre. Ce département, premier de France par la densité de TPE et de très petites structures de transport et de services, voit ses entreprises les plus fragiles — souvent sous-capitalisées, avec des marges réduites — céder en premier lorsque la pression sur la trésorerie s'intensifie. Le mécanisme décrit par Socic est lisible ici : une entreprise qui tarde à activer une procédure préventive se retrouve en liquidation directe, sans filet.
À l'opposé du spectre, le dossier Relais Colis illustre ce que la procédure collective peut produire de constructif : un redressement judiciaire ouvert en mars, une reprise bouclée en mai, soit moins de trois mois entre l'entrée en procédure et la cession. Ce délai court — documenté par Les Échos Solutions — contraste avec des dossiers qui s'étirent et finissent en liquidation faute de repreneur ou de temps.
Du côté de la restauration parisienne, la liste établie par Repreneurs.com pour l'Île-de-France au 2 juin 2026 montre plusieurs établissements simultanément en procédure au greffe de Paris. La restauration traditionnelle figure parmi les secteurs structurellement présents dans les palmarès de défaillances franciliens, sans que les sources du trimestre permettent de quantifier précisément la part de cette filière dans les 3 128 procédures recensées.
Un trimestre dans la continuité d'une tendance lourde
Les données du premier trimestre 2026 — 18 986 procédures en France selon Socic — constituaient déjà un signal d'alarme à l'échelle nationale. Le deuxième trimestre, à en juger par le volume BODACC francilien, ne marque pas de rupture à la baisse. La construction reste, selon France Info La 1ère, le secteur le plus touché au plan national avec 694 procédures recensées dans ce périmètre — un chiffre qui, rapporté à l'Île-de-France, région de grands chantiers et de nombreuses TPE du bâtiment, laisse supposer une exposition significative, même si les sources régionales disponibles ne détaillent pas ce segment pour le trimestre en cours.
La prochaine audience identifiable dans les sources reste celle du greffe de Paris, avec plusieurs dossiers de restauration dont les jugements ont été rendus début juin 2026. Le calendrier des mandataires judiciaires — dont Ajilink Île-de-France pour le dossier Relais Colis — fixera les prochaines étapes de cession ou de liquidation pour les procédures encore ouvertes à l'issue du trimestre.