C'est le cas qui a mobilisé la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur jusqu'à convoquer une réunion d'urgence : la liquidation judiciaire de l'usine Fibre Excellence de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, prononcée fin juillet 2026. Derrière ce fait industriel marquant, les données BODACC officielles dessinent un trimestre sous tension pour l'ensemble du tissu économique régional — 715 ouvertures de procédures collectives en trente jours, tous types confondus.
Top 5 des défaillances et signaux marquants en PACA — 3e trimestre 2026
| Rang | Entreprise / Secteur | Territoire | Procédure | Source |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Fibre Excellence Provence (industrie papetière) | Tarascon, Bouches-du-Rhône (13) | Liquidation judiciaire | Mesinfos.fr, ici.fr, La Nouvelle République |
| 2 | Almé (mode / habillement) | Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône (13) | Redressement judiciaire | fashionjobs.com |
| 3 | Travaux de maçonnerie / gros œuvre (secteur) | PACA (ensemble des départements) | 30 ouvertures sur 30 j | BODACC interne |
| 4 | Restauration traditionnelle (secteur) | PACA (ensemble des départements) | 23 ouvertures sur 30 j | BODACC interne |
| 5 | Restauration rapide (secteur) | PACA (ensemble des départements) | 14 ouvertures sur 30 j | BODACC interne |
Fibre Excellence à Tarascon : une liquidation qui dépasse les murs de l'usine
Placée en redressement judiciaire fin avril 2026, l'usine papetière de Tarascon n'a pas trouvé de repreneur viable. Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire, scellant le sort d'un site industriel dont la Région PACA avait pourtant tenté de peser sur l'issue en convoquant une réunion d'urgence, selon mesinfos.fr. Le même jour où la décision tombait, un industriel s'était encore manifesté, rapporte La Nouvelle République — signe que la procédure s'est achevée dans l'urgence, sans qu'aucune offre n'aboutisse.
Les conséquences débordent largement le périmètre des salariés directs. Selon ici.fr, la liquidation frappe aussi les salariés des entreprises prestataires — sous-traitants et fournisseurs locaux qui gravitaient autour du site tarasconnais. C'est le propre des grandes unités industrielles isolées dans un bassin d'emploi : leur disparition génère un effet de souffle sur tout l'écosystème de proximité. Le groupe possédait par ailleurs un second site à Saint-Gaudens, en Occitanie, dont le sort restait distinct de celui de Tarascon au moment de la liquidation, selon mesinfos.fr.
Almé à Aix-en-Provence : la mode sous procédure
Moins spectaculaire mais significative pour la métropole aixoise, la mise en redressement judiciaire d'Almé — enseigne d'habillement implantée à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône — figure parmi les signaux récents recensés par fashionjobs.com. La procédure ouvre une période d'observation durant laquelle un plan de continuation ou de cession peut encore être élaboré. Contrairement à Fibre Excellence, Almé n'est pas encore en liquidation : le redressement judiciaire laisse une fenêtre. Mais dans un secteur où les marges de manœuvre restent étroites, cette ouverture de procédure mérite d'être suivie.
Le BODACC officiel mentionne par ailleurs une activité de type STORE faisant l'objet d'un redressement judiciaire au greffe du Tribunal de Commerce d'Antibes, dans les Alpes-Maritimes (06), en application de l'article L. 681-2 du Code de commerce. Les éléments disponibles ne permettent pas d'identifier précisément la raison sociale ni les effectifs concernés, mais la procédure témoigne d'une pression qui ne se limite pas au seul département des Bouches-du-Rhône.
Ce que ce palmarès révèle de la PACA
Les 715 ouvertures de procédures enregistrées sur trente jours — dont 442 liquidations judiciaires et 248 redressements, pour seulement 25 sauvegardes — traduisent une réalité structurelle : la grande majorité des dossiers se referment sur une cessation définitive d'activité, sans plan de continuation. Le ratio liquidations/redressements (environ 1,8 pour 1) illustre la difficulté à trouver des solutions de rebond une fois la procédure enclenchée. À titre de comparaison, la source economie.gouv.fr rappelle que les entreprises commerciales passent à 85 % en liquidation judiciaire — un chiffre national qui trouve ici un écho direct dans les données régionales.
La géographie des défaillances est sans ambiguïté. Les Bouches-du-Rhône concentrent 288 ouvertures, soit 40 % du total régional, devant les Alpes-Maritimes (167, soit 23 %) et le Var (133, soit 19 %). Ces trois départements côtiers absorbent à eux seuls plus de 80 % des procédures. Les Alpes-de-Haute-Provence (17 ouvertures) et les Hautes-Alpes (13) restent à l'écart de cette dynamique, leur tissu économique plus rural et moins dense générant mécaniquement moins de volume — mais aussi moins de capacité d'absorption des chocs.
La ventilation sectorielle est tout aussi lisible. Le BTP — et plus précisément les travaux de maçonnerie générale et gros œuvre — arrive en tête avec 30 ouvertures sur la période, devant la restauration traditionnelle (23) et la restauration rapide (14). Ces trois filières réunissent à elles seules 67 défaillances, soit près de 10 % du total régional. La restauration, sous ses deux formes, cumule ainsi 37 procédures en trente jours — un niveau qui signale une fragilité persistante dans une région pourtant réputée pour son attractivité touristique. L'entretien et réparation de véhicules légers (9 ouvertures) et le conseil aux entreprises (9 également) complètent un tableau qui touche aussi bien les métiers de proximité que les services aux entreprises.
La concentration sur le BTP mérite une lecture attentive. Le secteur de la maçonnerie-gros œuvre arrive premier dans une région où la construction neuve et la rénovation constituent des marchés importants. Quand ce segment décroche, c'est souvent l'ensemble de la chaîne — artisans, fournisseurs de matériaux, bureaux d'études — qui ressent la pression en cascade. Les données BODACC ne permettent pas de distinguer les TPE des PME dans ce décompte, mais la nature même de l'activité — chantiers à financement différé, délais de paiement longs — expose particulièrement les petites structures.
Un léger repli par rapport aux trente jours précédents, mais la liquidation reste dominante
Les 715 ouvertures du dernier mois représentent un recul de 8 % par rapport aux 776 enregistrées sur la période précédente. Ce repli ne signifie pas une détente : il s'inscrit dans un volume global qui reste élevé, et la part des liquidations directes — 62 % des procédures ouvertes (442 sur 715) — ne diminue pas. Autrement dit, moins de dossiers s'ouvrent, mais ceux qui s'ouvrent débouchent tout aussi souvent sur une fermeture définitive. La prochaine audience concernant Fibre Excellence Provence, dont le sort des salariés prestataires reste en suspens selon ici.fr, constituera un indicateur concret de la capacité du bassin tarasconnais à absorber ce choc industriel.